EN PÉRIODE DE CONFLIT, L'ESPACE AÉRIEN DOIT ÊTRE PROTÉGÉ DE L'ENNEMI
L'interdiction du survol du territoire congolais aux avions de la compagnie Rwandair est l'une des mesures conservatoires qui auraient dû être prises après l'attaque de Bunagana.
L'ennemi s'est enhardi du fait de notre faible réactivité, qui s'était limitée à interdire les vols de Rwandair vers nos aéroports.
Tandis que la l'interdiction du survol de notre territoire est une mesure qui est à même de mettre en difficulté cette compagnie, dont le principal marché est tourné vers l'Europe, l'Afrique centrale et l'Afrique occidentale, nécessitant de traverser l'espace aérien de la RDC.
Son contournement va générer des coûts d'exploitation rédhibitoires pour Rwandair, qui est déjà largement subventionné par l'État à cause de ses pertes financières.
C'est un moyen de pression important qui a été ignoré, alors que l'ennemi ne se gêne pas pour piller nuit et jour nos mines dont il a le contrôle en ce moment.
D'autre part, sur le plan sécuritaire il était imprudent que des aéronefs civils rwandais survolent quotidiennement la région proche des zones des combats et puissent éventuellement récolter des informations à caractère militaire. L'histoire de l'aviation regorge d'incidents tragiques liés à la protection des espaces aériens en périodes de tension ou de conflits, dans lesquels les aéronefs civils ont été visés.
Les tirs essuyés l'année dernière par un aéronef militaire congolais en approche de Goma, au motif qu'il aurait frôlé l'espace aérien rwandais, témoignent que l'ennemi ne fait pas dans la dentelle lorsqu'il s'agit de protéger son espace aérien...
Charles Kabuya
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