Le Blog de Charles Kabuya

NYIRAGONGO MON TÉMOIN...

 

Alors que le fracas des armes s'est tu sur la cité volcanique

Et que l'écho des salves spasmodiques flotte dans l'air chargé de soufre 

Une aube menaçante se lève sur des habitants piégés par l'espoir 

 

Plus jamais ça ! Avaient-ils scandé dans leurs psalmodies intimes

Mais aucun miracle ne sauve qui peut !

 

Cette aube prélude le cauchemar tant redouté :

La bête immonde est de retour, elle est bel et bien là 

Plus féroce, plus enhardie et plus affamée que jamais 

 

L'odeur de la mort plane sur la ville

La grande faucheuse en treillis a emporté maris, femmes et enfants 

 

Impitoyable, mitraillante, poignardante, elle fond sur tout ce qui bougeotte

Elle croque autant les vivants dépréciés que les minéraux enchéris

 

Des corps refroidis jonchent les artères, là où hier la chaleur était humaine

Des pauvres diables errent, essayant d'échapper à leur sort 

 

Des sanglots étouffés envahissent les maisons

Derrière les portes closes même les enfants ont appris à pleurer en silence 

 

Le sang des purs abreuve les sillons de la lave du Nyiragongo 

Majestueusement perché, il demeure imperturbable 

Indifférent au forfait commis nuitamment sous son ombre écrasante 

 

Pourtant, rien ne peut se dissimuler à la lueur rougeoyante de sa cime

Reflet de ses entrailles incandescentes et de son sang bouillonnant 

 

Qu'il crache quand gronde sa colère !

 

Même si je ne puis décrypter tes messages 

À travers tes fumerolles de sioux

Je sais que tu as tout vu, Nyiragongo

 

À part les étoiles du firmament, tu es le témoin inattingible contre cette bête immonde

Qui ira enrichir ton magma...

 

Charles Kabuya 

 

 



03/03/2025
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