NYIRAGONGO MON TÉMOIN...
Alors que le fracas des armes s'est tu sur la cité volcanique
Et que l'écho des salves spasmodiques flotte dans l'air chargé de soufre
Une aube menaçante se lève sur des habitants piégés par l'espoir
Plus jamais ça ! Avaient-ils scandé dans leurs psalmodies intimes
Mais aucun miracle ne sauve qui peut !
Cette aube prélude le cauchemar tant redouté :
La bête immonde est de retour, elle est bel et bien là
Plus féroce, plus enhardie et plus affamée que jamais
L'odeur de la mort plane sur la ville
La grande faucheuse en treillis a emporté maris, femmes et enfants
Impitoyable, mitraillante, poignardante, elle fond sur tout ce qui bougeotte
Elle croque autant les vivants dépréciés que les minéraux enchéris
Des corps refroidis jonchent les artères, là où hier la chaleur était humaine
Des pauvres diables errent, essayant d'échapper à leur sort
Des sanglots étouffés envahissent les maisons
Derrière les portes closes même les enfants ont appris à pleurer en silence
Le sang des purs abreuve les sillons de la lave du Nyiragongo
Majestueusement perché, il demeure imperturbable
Indifférent au forfait commis nuitamment sous son ombre écrasante
Pourtant, rien ne peut se dissimuler à la lueur rougeoyante de sa cime
Reflet de ses entrailles incandescentes et de son sang bouillonnant
Qu'il crache quand gronde sa colère !
Même si je ne puis décrypter tes messages
À travers tes fumerolles de sioux
Je sais que tu as tout vu, Nyiragongo
À part les étoiles du firmament, tu es le témoin inattingible contre cette bête immonde
Qui ira enrichir ton magma...
Charles Kabuya
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