Le Blog de Charles Kabuya

VIVEMENT DIMANCHE !

 

En #RDC, pays majoritairement chrétien, le dimanche c'est le jour où plus de la moitié de la population va à son église.

Cet intermède de quelques heures consacré à la prière, et pour certains à la méditation, est aussi le moment le plus sain (et saint) du pays.

 

Durant 4 ou 5 heures, une forme de piété s'abat sur le pays et sa population : on se réunit à l'église, on prie, on chante et on danse ; on s'adresse à son Dieu, on implore sa pitié, on promet de cesser de commettre de multiples péchés, on s'engage à être un bon croyant ; et surtout, on implore sa bénédiction et sa main miraculeuse pour résoudre tous nos problèmes.

 

Pour clôturer, comme un bon enfant de Dieu, reconnaissant et obéissant, on dépose ostensiblement son offrande dans le panier, comme le prix à payer pour nous débarrasser de toutes nos charges négatives qu'on a apportées à l'église. Surtout quand le regard satisfait du pasteur (ou sa main) s'est posé sur nous.

 

On sort du lieu de culte avec le sourire du bienheureux ayant accompli son devoir, les craintes et les doutes dissipés ; avec la conviction d'être lavé de toutes les souillures dans lesquelles on a baigné durant la semaine et de tous nos méfaits des jours derniers. 

Les espoirs pleins la tête, on se sent fort et confiant. On retourne chez soi, certains pour profiter du repos dominical en famille (comme un père responsable et une mère dévouée), ou pour s'adonner à des activités récréatives, d'autres pour vaquer à leurs occupations non moins empreintes de l'ambiance dominicale.

 

L'espace de quelques heures, parfois le temps d'une journée, la population congolaise se métamorphose en citoyens exemplaires, en peuple de Dieu, comme on aime le dire.

 

Fin du chapitre !

 

Puis, viens le lundi. 

Journée fatale, souvent redoutée, où chacun reprend le cours normal de sa vie : cadres, fonctionnaires, employés, ouvriers, commerçants, petits débrouillards, chômeurs en quête des “chidas”, filles de joie en peau de demoiselles, femmes battantes qui font commerce en nature, délinquants de toutes sortes, reprennent du service. Qui dans les détournements, qui dans les magouilles, les rackets, les vols ; tandis que les disputes, les injures, les haines et jalousies envahissent les réseaux sociaux ; et que les crimes, les agressions, la délinquance et les violences en tout genre reprennent droit de cité.

 

La capitale Kinshasa et les grandes villes redeviennent des fourmilières où chacun lutte pour soi, où l'on ne se fait pas de cadeau, où le malheur des uns fait le bonheur des autres...

 

Malheur à ceux qui seront du mauvais côté du cours de l'histoire de la semaine.

Le vice est Roi !

 

ET VIVEMENT LE DIMANCHE PROCHAIN !

 

Charles Kabuya



02/12/2024
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